Disparition de Jean Ferrat … (Samedi 13 Mars ///)
JEAN FERRATÂ *Â « Ma France » – Ecoutez en clikant ici
Quel Ferrat la postĂ©ritĂ© retiendra-t-elle ? L’artiste engagĂ© qui longtemps chanta « rouge » ? L’interprète de chansons populaires immortelles, de la lĂ©gèretĂ© de Ma mĂ´me Ă la gravitĂ© de La Montagne ? Le chantre de Louis Aragon qui Ĺ“uvra Ă mettre la poĂ©sie dans toutes les maisons ? L’ermite d’Antraigues-sur-Volane qui sortait de temps Ă autre de sa retraite pour s’en prendre aux mĹ“urs des mĂ©dias et du show business du moment ?
Pourtant, l’homme semblait, au moral, fait tout d’un bloc. Je ne suis qu’un cri, chantait-il, sur des paroles de son fidèle ami Guy Thomas : « Je ne suis pas littĂ©rature/Je ne suis pas photographie/Ni dĂ©coration ni peinture/Ni traitĂ© de philosophie/Je ne suis pas ce qu’on murmure/Aux enfants de la bourgeoisie/Je ne suis pas saine lecture/Ni sirupeuse poĂ©sie/Je ne suis qu’un cri. » Un autoportrait, un credo, un aveu …
http://www.rfimusique.com/musiquefr/articles/121/article_17868.asp
JEAN FERRATÂ *Â « Ma France » – Ecoutez en clikant ici
Son paysage s’éclaire avec Ma mĂ´me, en 1960, une chanson prolĂ©tarienne comme les annĂ©es 30 les aimaient tant, mais dans la France en pleine modernisation (« Ma mĂ´me, elle joue pas les starlettes/Elle met pas des lunettes/De soleil/Elle pose pas pour les magazines/Elle travaille en usine/A CrĂ©teil ») …
Le 13 mars, disparaît le dernier des géant du XXe siècle
Entre poĂ©sie et engagement, Jean Ferrat, mort Ă l’âge de 79 ans, Ă©tait entrĂ© depuis longtemps au patrimoine avec « La Montagne », « Nuit et Brouillard » ou « Aimer Ă perdre la raison ».
EnseignĂ© dans les Ă©coles mais loin des mĂ©dias, ce fou d’Aragon est mort samedi en dĂ©but d’après-midi Ă l’hĂ´pital d’Aubenas, au coeur de cette Ardèche oĂą le chanteur contestataire s’Ă©tait installĂ© au dĂ©but des annĂ©es 1970.
Il était né Jean Tenenbaum, le 26 décembre 1930 à Vaucresson dans les Hauts-de-Seine, et avait passé son enfance à Versailles. Son père, un immigré russe, travaille comme artisan joaillier, sa mère comme ouvrière dans une usine de fleurs artificielles.
Le petit Jean a 11 ans quand il apprend que son père est juif. Un père dĂ©portĂ© Ă Auschwitz d’oĂą il ne reviendra pas. En 1963, dans la lĂ©gèretĂ© des annĂ©es twist, Jean Ferrat Ă©voquera dans « Nuit et Brouillard » la mĂ©moire de ces milliers de dĂ©portĂ©s « nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombĂ©s/Qui dĂ©chiraient la nuit de leurs ongles battants ».
http://sites.radiofrance.fr/franceinter/ev/fiche.php?ev_id=1218
A la fin de la guerre, Ă 16 ans, Jean Ferrat Ă©tait entrĂ© comme apprenti dans un laboratoire de chimie du bâtiment, et avait entamĂ© une formation pour devenir ingĂ©nieur chimiste. Mais il dĂ©couvre la poĂ©sie, Ă travers Federico Garcia Lorca, et la musique, apprenant la guitare et jouant dans un orchestre de jazz. Plus tard, il se met Ă chanter, le rĂ©pertoire d’Yves Montand et de Mouloudji, avant de passer Ă l’Ă©criture de ses premières chansons au dĂ©but des annĂ©es 50.
En 1954, il se consacre entièrement Ă la musique. Il met en chansons des poèmes d’Aragon, comme « Les Yeux d’Elsa », qui sera interprĂ©tĂ© par AndrĂ© Claveau, et enregistre son premier 45 tours sans succès. « Ma MĂ´me » tournera ensuite sur les radios. C’est l’Ă©poque oĂą il rencontre Louis Aragon, l’arrangeur Alain Goraguer et l’Ă©diteur-manager GĂ©rard Meys, trois personnes clĂ©s dans sa carrière.
En 1961, « Deux enfants au soleil » deviendra l’une des chansons de l’Ă©tĂ©. Deux ans plus tard, Jean Ferrat signe avec Barclay. La force du premier disque qu’il sort sous ce label, « Nuit et Brouillard », le pose comme chanteur contestataire, engagĂ© Ă gauche.
Ses rĂ©fĂ©rences au communisme passent mal dans la France du gĂ©nĂ©ral de Gaulle qui le censure Ă plusieurs reprises, de « Potemkine », interdit Ă la tĂ©lĂ©vision pendant l’Ă©lection prĂ©sidentielle de 1965 ou « Ma France », qui cite Picasso, Eluard, Hugo, et « cet air de libertĂ© au-delĂ des frontières ». De Cuba oĂą il part chanter en juin 1967, le chanteur moustachu ramènera des chansons « Cuba Si », « A Santiago » ou « Les Guerilleros ».
Mais au-delĂ des convictions, la voix chaude de Jean Ferrat s’impose Ă©galement avec des chansons d’amour, comme « Aimer Ă perdre la raison ». Mais aussi l’exaltation du quotidien ou de la montagne ardĂ©choise, comme « La Montagne », qui dĂ©crit l’exode rural, et son inoubliable refrain: « Pourtant que la montagne est belle/Comment peut-on s’imaginer/En voyant un vol d’hirondelles/Que l’automne vient d’arriver? ».
Que serai-je sans toi
Un chanteur engagĂ© et…censurĂ©« Chantez autre chose« , s’est entendu dire Jean Ferrat Ă l’ORTF en 1965. Petit florilège de ses titres jugĂ©s « trop politiques » et par consĂ©quent interdits d’ondes et d’écrans dans les annĂ©es 60 et 70.
De cette censure Ă rĂ©pĂ©tition, Jean Ferrat s’amusait : « Quand on n’interdira plus mes chansons, je serai bon Ă jeter sous les ponts…« France Info – Hier, 17:12
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Posté: mars 14th, 2010
at 5:07 par admin
Tagged with "Camarades", "Ma France", 2010, avec lui le XXe siècle se meurt ..., avec son cortèges d'idéaux ..., Hommage, idéaux sociaux, Jean Ferrat, notre Histoire, poèsie, portrait, propos, Un géant disparaît ..., une certaine idée de l'espoir en l'avenir se meurt avec Jean Ferrat
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