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Texte d’analyse-critique Ă  propos du travail d’Elisabeth Gilbert DRAGIC pour son exposition en Novembre 2010 Ă  l’ATTRAPE-COULEUR – LYON (9ème)

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« (FLORILEGE), de l’autre cĂ´tĂ© … » *


Le travail d’Élisabeth GILBERT DRAGIC est une Ă©popĂ©e ou l’histoire Ă©coutĂ©e aux portes des LĂ©gendes.

Tel les recueils de reprĂ©sentation de fleurs, dĂ©gagĂ©s de la description purement observatrice et scientifique des herbiers de la Renaissance, il constitue « un florilège »*, une collection de transcriptions expressives des  mĂ©tamorphoses d’altĂ©ration de la figure des fleurs fanĂ©es


Ses grandes toiles acryliques deviennent Ă©vocation picturale d’une intuition, le saisissement intime et sensible de leurs souffles de vie primordiaux imperceptiblement au dĂ©clin – du pâli Ă  la prĂ©-flĂ©trissure – E.G.D. explore et mĂ©dite ces dernières forces vitales circulant « une fois  encor » dans ses compositions de fleurs plus grandes que nature.


« le baiser reçu de la Belle au Bois Dormant » Cet Ă©tat/passage/possibles/ »De l’autre cĂ´tĂ© … ? » s’illustre dans les Ĺ“uvres d’Elisabeth G. DRAGIC sur ses Fleurs Ă©carlates trempĂ©es dans la peinture ou figĂ©es dans la barbotine de porcelaine.


L’expĂ©rimentation du concept gĂ©nĂ©ral et rĂ©fĂ©rentiel de la Nature-Morte ou « Les VanitĂ©s », une narration rĂ©-appropriĂ©e est très particulière. Élisabeth Gilbert DRAGIC suscite une incertitude,  un sentiment prenant corps sans violence, une Évanescence, sensation vague liĂ©e au questionnement existentiel de « l’humanitĂ© vulnĂ©rable dans sa permanence intranquille et soumise »*. Son travail reste malgrĂ© cela descriptif dans une très grande maĂ®trise technique de son mĂ©dium.


C’est dans un dĂ©terminisme prĂ©alable et dĂ©libĂ©rĂ© de cadrages toujours construits en signifiants improbables, ambigus, irrĂ©vĂ©rencieux Ă  la composition, qu’Élisabeth capture ses fleurs  par un travail prĂ©paratoire photographique  très poussĂ©, Ă©lĂ©ment dĂ©terminant de son florilège ou fablier.


Des raffinĂ©s caducĂ©es, Ă  l’autoportrait  au rĂ©alisme dĂ©rangeant, Ă  la monumentale rose sanglier ou au bouton de chevreuil et rose cochon plus audacieux, ainsi qu’aux linceuls pĂ©trifiants de porcelaine de roses embaumĂ©es, aux Ă©clatantes fleurs dĂ©goulinantes et gorgĂ©es d’Ă©paisse peinture acrylique, aux compositions très Ă©laborĂ©es des « VanitĂ©s », la progression d’E.G.DRAGIC est irrĂ©ductible, dirait-on insoumise dans ses partis-pris transgressifs, face Ă  l’a priori que peut reprĂ©senter ce genre de travail ayant comme vecteur des Fleurs :


Fleurs mâle, femelle, hermaphrodite, composée, double.

Fleur séchée, ornementale, coupée, artificielle.

Fleur bleue, capitulée, solitaire

Fleur défraîchie, parfumée, fanée.

Fleur odorante, pectorale, odoriférante, fécondée.

Fleurs coupées, solitaires, embaumées.

Fleurs groupées en capitules


Son travail sur les Fleurs-Animales est un nouveau pendant de sa crĂ©ation, une mise en volume et en espace des concepts de « VanitĂ©s » de la Nature-Morte au TrophĂ©e de Chasse, qu’elle-mĂŞme explore depuis peu, mais prometteur de prĂ©occupations plus radicales.

 

Mireille Bonard

Lyon, le 31 janvier 2010


http://www.elisabeth.gilbert-dragic.fr/

http://www.attrape-couleurs.com/


* Propos d’E.G.DRAGIC


* Photos prises Ă  l’exposition d’E.G.DRAGIC   « LATENCES »

à la Galerie Artaé du 5 du 20 février 2010

11, rue AimĂ© Collomb (Fosse aux ours) – Lyon 3e

http://www.artae.fr



Posté: janvier 31st, 2010
at 4:24 par admin

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